ANISSA et LE CLUB DES INCORRIGIBLES OPTIMISTES

Publié le par 1ES

Guenassia : l’incorrigible optimiste même

   Tout le monde devrait être comme Michel Marini, un adolescent typique des années 60, et Igor, Leonid, Imré, Sacha, Werner, Pavel et les autres réfugiés de l’est : d’ « incorrigibles optimistes ». Tous fuient une cause. Pour certain, les disputes familiales et la Guerre d’Algérie, et d’autres leur pays, fuir une politique meurtrière pour sauver leur peau, abandonnant leur famille. Ces dures circonstances les atteignent. Mais ils le cachent bien. Echecs, alcool, littérature, photographie, cinématographie ou le sport en ont aidés plus d’un. Ils oublient, ils préfèrent. Des liens se créent, des rencontres se font, des pertes sont difficiles. La vie de Michel Marini, un adolescent des années soixante va faire, au fur et à mesure la rencontre de chacun de ces personnages attrayant, mystérieux et traumatisés par un passé pas antérieur que cela qui les rattrape petit à petit …

 

  Ce livre devient et sera dans dis ans un mythe. La première chose que l’on remarque au premier abord est surement l’envergure du livre et le nombre de pages. Mais celles-ci se lisent rapidement et très facilement. On ne se rend même pas compte à quel point, finalement, les pages défilent à une vitesse grandiose et le bouquin est donc rapidement lu. Le vocabulaire est facile à comprendre. Le style est sympathique : vraiment tout pour plaire !

 

 

 

 

Guenassia appuie sur l’importance de la littérature dans son roman, tout d’abord en entament le récit par  « Aujourd'hui, on enterre un écrivain. », celle de Sartre qui, avec Kessel ont leur place au sein du club, il apporte beaucoup au club comme au roman ; puis par l’incalculable nombre de références littéraires nommées (n’oublions pas que Michel est un  mordu de lecture !), à plaire aux littéraires amateurs ou confirmés.

  De plus, Jean-Michel Guenassia, réussit parfaitement à mêler la fiction à l’histoire.

  D’une part, il nous offre une diversité de personnages fictifs mais attachants, chacun a son caractère, ses secrets et son histoire, ses blessures et ses remords. Des russes, des hongrois, des grecs, des polonais … Un vrai « melting Pot » des pays de l’est !

 Puis de l’autre, le premier coté du livre est représenté par la place importante du contexte historique. La Guerre d’Algérie, le Rideau de fer et le passage de Staline au gouvernement soviétique ne permet à l’histoire aucun ennui mais « une tonne » de rebondissement. Une manière plutôt amusante que d’enseigner par la lecture d’un manuel « grotesque », « bourrant le crane » de dates et d’évènements appris à la chaine. Guenassia a su réunir la didactique et le plaisir d’apprendre, de connaître, d’imaginer, de savoir et de retenir. Ce livre ici, marque un autre très bon point.

 

 En effet, malgré le contexte historique, le livre ne redouble pas d’humour : le coté humoristique jongle avec le coté didactique, l’histoire et péripéties des différents personnages, les lieux, les mots et les rebondissements. Mais le livre est un rebondissement à lui tout seul : aucune coupure, une alternation des histoires bien menée et appétissante : de quoi vous « mettre l’eau à la bouche » ! Guenassia réussit à mettre ses lecteurs en appétit des les premières pages, ce qui laisse au lecteur une envie de dévorer le livre sans retenue. Même les non-lecteurs ou les plus réservés sauront apprécier ce « pavé »  plein de positivisme, même dans les moments les plus sombres.

 

 Abordant une multitude de thèmes et d’évènements, Jean-Michel Guenassia a réussi un lourd objectif : « premier roman, franc succès ! », car primé l’année dernière au Goncourt des lycéens, il a réussi à tenir en éveille un vaste public adolescent de toute catégorie.

 

 

« De ces magasines et de ces livres j’ai tiré ma fantasmagorie la plus intime : l’optimisme ».

                                                                                                            Jean-Paul Sartre, Les Mots.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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